Adepte du beau jeu, meneur d’homme, forte tête, le nouvel entraîneur adjoint du FC Nantes est une figure du championnat National. Après douze saisons à entraîner au troisième échelon du football hexagonal, Alain Pochat intègre pour la première fois le staff d’une équipe de Ligue 1. Une opportunité inattendue pour l’intéressé, proche de Pierre Aristouy depuis ses expériences à l’Aviron Bayonnais entre 2000 et 2012.
Un entraîneur entraînant.
Après quatre saisons sur le banc du club basque, Alain Pochat file à Boulogne sur Mer, qui évolue également en National. D’adjoint, il est promu entraîneur principal à l’hiver 2016. Un an et quelques mois plus tard, il s’engage à Villefranche sur Saône, alors en N2. Distancée par Andrézieux à la trêve, son équipe accroche finalement la montée en National à la dernière journée. « C’est le principal fait d’arme d’Alain Pochat à Villefranche », rapporte Arnaud Clément, journaliste sportif au Progrès.
À noter également un huitième de finale de Coupe de France qui oppose, au printemps 2019, ses hommes au Paris Saint-Germain. Le FCVB emmène le PSG jusqu’en prolongations avant de s’incliner (0-3). La saison suivante, celle du Covid, est marquée par une très bonne entame de championnat. La marque de fabrique du FCVB cette année là ? Un style de jeu et des joueurs « qui détonnaient un peu dans ce championnat où la dominance physique est prépondérante », poursuit Arnaud Clément.

Dans un autre registre, l’Annécien d’origine est aussi connu pour son caractère bien trempé. « C’est ce qui lui a coûté sa place à Villefranche. Il a eu plusieurs soucis disciplinaires », témoigne le journaliste. À l’automne 2021, Alain Pochat est sur la sellette en raison d’une série de mauvais résultats couplée à quelques écarts. « Tous les joueurs montent au créneau, ils vont chez lui et lui disent ‘Non coach, on ne vous lâche pas, vous allez rester ici, on va convaincre le président’. »
« Un formateur dans l’âme »
Si le sursis ne dure finalement que quelques semaines, l’anecdote est significative. Elle traduit « ce côté meneur d’hommes, la façon dont il avait embarqué son groupe avec lui ». Malgré une fin d’aventure chaotique, l’homme aura contribué par son travail de fond aux deux troisièmes places acquises par le FCVB par la suite, synonymes de barrages d’accession en Ligue 2. Avec comme principaux traits distinctifs : « sa droiture, ses valeurs humaines et le fait qu’il déployait du beau football malgré des moyens qui n’étaient pas si conséquents », énumère Arnaud Clément.
Trois semaines après son départ des bords de Saône, Alain Pochat rejoint Bourg en Bresse, qu’il quittera en mars 2023. Et la formation alors ? « Ça lui est arrivé de lancer des jeunes, à Bourg notamment. Par la force des choses en National, pour compléter la rotation, t’es obligé de leur faire appel. Il a un parcours atypique, c’est un formateur dans l’âme. À la base, il était fonctionnaire à Bayonne et bossait pour le club de foot en parallèle. » À n’en pas douter, cet aspect de son profil résonnera avec le projet qu’aspire à mettre en œuvre Pierre Aristouy au FCN.

